Immobilier · Défiscalisation

Défiscalisation immobilière : dispositifs actifs, avantages et conditions en 2026.

TL;DR : les dispositifs de défiscalisation immobilière actifs en 2026
Le Pinel a pris fin le 31 décembre 2024 et le Censi-Bouvard est éteint depuis fin 2022 : aucun nouveau projet ne peut plus en bénéficier. Cinq dispositifs de défiscalisation immobilière restent actifs : le déficit foncier, la loi Malraux, le Denormandie, la nue-propriété et le loueur en meublé non professionnel (LMNP). Le déficit foncier permet d'imputer jusqu'à 10 700 € de déficit sur le revenu global chaque année. Malraux offre une réduction d'impôt de 22 à 30 % sur les travaux, hors plafonnement global des niches fiscales. Le Denormandie réduit l'impôt de 12 à 21 % sur l'acquisition et les travaux, dans des villes moyennes éligibles.

Quels dispositifs de défiscalisation immobilière sont encore actifs en 2026 ?

De nombreux contenus concurrents mentionnent encore des dispositifs qui n’existent plus, ce qui entretient une confusion fréquente chez les investisseurs.

Avant tout, il convient de rappeler ce qu’est la défiscalisation immobilière dans son principe : un ensemble de mécanismes légaux permettant de réduire son impôt sur le revenu ou son revenu imposable en contrepartie d’un investissement immobilier respectant certaines conditions.

Faire le tri entre ce qui fonctionne encore et ce qui a disparu est la première étape de toute réflexion sérieuse sur le sujet.

Dispositifs terminés à ne plus considérer.

Le dispositif Pinel a pris fin le 31 décembre 2024 : aucune nouvelle souscription n’est possible depuis cette date. Le Censi-Bouvard, lui, est éteint depuis fin 2022.

Ces deux dispositifs continuent uniquement à produire leurs effets pour les investisseurs ayant signé leur engagement avant les dates de clôture respectives : les réductions d’impôt déjà acquises se poursuivent jusqu’au terme de l’engagement initial, mais aucun nouveau projet ne peut plus en bénéficier aujourd’hui.

Toute offre commerciale présentant encore le Pinel ou le Censi-Bouvard comme un dispositif à souscrire mérite d’être regardée avec la plus grande prudence.

Les dispositifs actifs à connaître en 2026.

Cinq dispositifs de défiscalisation immobilière actifs en 2026 se distinguent aujourd’hui.

  1. Le déficit foncier permet de déduire des travaux sur un bien ancien loué nu, imputables sur les revenus fonciers puis sur le revenu global.
  2. La loi Malraux offre une réduction d’impôt sur le revenu de 22 à 30 % sur des travaux de restauration en secteur sauvegardé.
  3. Le Denormandie propose une réduction d’impôt sur l’acquisition et les travaux dans des villes ciblées ayant un fort besoin de réhabilitation.
  4. La nue-propriété, sans générer de réduction d’impôt directe, permet de ne percevoir aucun revenu, donc aucune fiscalité, pendant toute la durée du démembrement.
  5. Le LMNP, enfin, permet d’amortir comptablement un bien meublé pour neutraliser une grande partie de la fiscalité des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) des loyers perçus. En contrepartie, depuis le 15 février 2025, les amortissements pratiqués, y compris avant cette date, sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente.

Chacun de ces dispositifs répond à un profil et à un objectif patrimonial différents, détaillés dans les sections suivantes.

Dispositif Statut Mécanisme Profil cible
Déficit foncier Actif Déduction des travaux sur le revenu global TMI (tranche marginale d’imposition) 30 % et plus, propriétaire bailleur
Loi Malraux Actif Réduction d’impôt sur le revenu (IR) de 22 à 30 % sur travaux TMI 41-45 %, IR élevé
Denormandie Actif Réduction d’IR de 12 à 21 % sur acquisition et travaux TMI 30 % et plus, ville éligible
Nue-propriété Actif Aucun revenu, aucune fiscalité pendant le démembrement Tout TMI, objectif de capitalisation
LMNP Actif Amortissement du bien et du mobilier Investisseur locatif meublé
Pinel Terminé (31/12/2024) Réduction d’IR sur logement neuf loué Non applicable à un nouveau projet
Censi-Bouvard Terminé (fin 2022) Réduction d’IR en résidence de services Non applicable à un nouveau projet

Le déficit foncier : déduire les travaux de votre revenu global.

Mécanisme : comment se calcule et s’impute le déficit foncier ?

Au régime réel, lorsque les charges déductibles (travaux, intérêts d’emprunt, assurances, frais de gestion) dépassent les loyers perçus, un déficit foncier est constaté. Ce déficit est imputable sur le revenu global à hauteur de 10 700 € par an, ce plafond pouvant être porté à 21 400 € pour certains travaux d’économie d’énergie selon les conditions en vigueur. Le surplus éventuel, ainsi que la part du déficit liée aux intérêts d’emprunt, est reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

Cette déduction s’opère directement sur le revenu global soumis à l’impôt sur le revenu, ce qui en fait un levier particulièrement efficace pour les contribuables les plus imposés, à condition de bien maîtriser le fonctionnement du déficit foncier et chaque catégorie de charge déductible avant d’engager des travaux d’ampleur, pour s’assurer que chaque dépense sera bien éligible à la déduction.

Profil cible et conditions d’accès au déficit foncier.

Concernant le profil d’investisseur et les conditions d’accès, le déficit foncier est accessible à tout propriétaire bailleur relevant du régime réel (revenus fonciers supérieurs à 15 000 € ou option volontaire pour ce régime). Il est particulièrement intéressant pour les TMI élevées, 30 % et plus, car la déduction sur le revenu global réduit directement l’impôt sur le revenu dû.

Une condition principale encadre ce dispositif : le bien doit rester loué nu jusqu’au 31 décembre de la troisième année suivant l’imputation du déficit. Les travaux doivent par ailleurs être réels, justifiés par des factures, et réalisés par des entreprises, les travaux réalisés personnellement par le propriétaire n’étant pas éligibles à la déduction.

La liste complète des charges déductibles est fixée par la loi : l’article 31 du Code général des impôts énumère précisément chaque nature de dépense admise en déduction. Ce texte fait référence en cas de contrôle sur la nature d’une charge.

Élément Détail
Charges déductibles Travaux d’entretien et de réparation, intérêts d’emprunt, assurances, frais de gestion, taxe foncière
Plafond d’imputation sur le revenu global 10 700 € par an (21 400 € pour certains travaux d’économie d’énergie), hors part du déficit liée aux intérêts d’emprunt
Report du surplus Sur les revenus fonciers des 10 années suivantes
Condition de location Bien loué nu jusqu’au 31 décembre de la 3e année suivant l’imputation

La loi Malraux : investir dans l’immobilier ancien en secteur sauvegardé.

Mécanisme Malraux : réduction d’impôt sur travaux en secteur classé.

La loi Malraux offre une réduction d’impôt de 22 % pour les sites patrimoniaux remarquables couverts par un plan de valorisation de l’architecture et du patrimoine (PVAP), ou de 30 % pour ceux couverts par un plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV), sur le montant des travaux de restauration, plafonné à 400 000 € sur quatre ans.

Son avantage majeur : cette réduction se situe hors plafonnement global des niches fiscales fixé à 10 000 € par an, ce qui en fait l’un des rares dispositifs permettant de le dépasser.

Les conditions sont exigeantes : restauration complète de l’immeuble sous le contrôle d’un architecte des bâtiments de France, et engagement de location nue pendant neuf ans. Pour explorer les opportunités disponibles, les programmes Malraux disponibles présentent une sélection de projets en cours. Le choix du programme reste déterminant, la qualité de l’emplacement primant sur l’avantage fiscal affiché.

Pour quel profil le Malraux est-il pertinent ?

En matière de profil d’investisseur et de conditions, le Malraux cible avant tout les contribuables à TMI 41-45 %, payant plus de 30 000 € d’impôt par an, et souhaitant un investissement patrimonial de qualité dans de l’immobilier de centre-ville historique.

Ce n’est clairement pas un produit de rendement locatif : les loyers perçus restent modestes au regard du montant total investi, travaux compris. L’objectif poursuivi est avant tout fiscal et patrimonial, la valorisation du bien restauré primant sur la rentabilité locative immédiate.

Pour les investisseurs qui ne souhaitent pas gérer un bien en direct, la SCPI fiscale (société civile de placement immobilier) permet d’accéder aux avantages du Malraux ou du déficit foncier via une souscription de parts, sans gestion directe du bien.

Le ticket d’entrée y est généralement plus accessible qu’un investissement en direct. En contrepartie, les parts sont peu liquides, les revenus ne sont pas garantis et le capital investi peut ne pas être restitué.

Le cadre légal de ce dispositif est fixé par l’article 199 tervicies du Code général des impôts, qui précise les zones éligibles et les modalités de calcul de la réduction. Ce texte reste la référence en cas de doute sur l’éligibilité d’un immeuble.

Le Denormandie : rénover pour défiscaliser dans les villes moyennes.

Le Denormandie est aujourd’hui le remplaçant de fait du Pinel pour l’investissement dans l’immobilier ancien à rénover, sous conditions et dans des villes éligibles.

Le dispositif est codifié au sein de l’article 199 novovicies du Code général des impôts, qui régit également le Pinel.

Mécanisme et conditions d’éligibilité du Denormandie.

Le dispositif offre une réduction d’impôt de 12 à 21 % selon la durée de location choisie, six, neuf ou douze ans, calculée sur le prix de revient total, acquisition et travaux compris, dans la limite de 300 000 € par an et de 5 500 € par mètre carré.

Plusieurs conditions d’éligibilité au Denormandie doivent être réunies :

  • Le bien ancien doit être acquis dans une commune éligible, villes du programme Action Cœur de Ville ou communes présentant un fort besoin de réhabilitation.
  • Les travaux doivent représenter au moins 25 % du coût total de l’opération.
  • Les plafonds de loyers et de ressources des locataires doivent être respectés. Ils sont réévalués chaque année.
Critère Loi Malraux Denormandie
Zone éligible Secteurs sauvegardés (PVAP ou PSMV) Villes Action Cœur de Ville et communes ciblées
Taux de réduction 22 % ou 30 % des travaux 12 % à 21 % selon la durée de location
Plafond 400 000 € de travaux sur 4 ans 300 000 € par an, 5 500 €/m²
Durée d’engagement 9 ans de location nue 6, 9 ou 12 ans selon l’option choisie
Plafonnement des niches fiscales Hors plafonnement (10 000 €) Soumis au plafonnement de 10 000 €
Profil cible TMI 41-45 %, projet patrimonial TMI 30 % et plus, projet locatif classique

Faire appel à un conseiller en gestion de patrimoine pour choisir le bon dispositif.

Sélectionner le dispositif adapté à sa situation fiscale réelle (montant d'impôt, TMI, revenus fonciers déjà existants), analyser la qualité intrinsèque du bien et du programme immobilier proposé et intégrer ce choix dans le patrimoine global pour éviter une sur-concentration en immobilier sont des décisions qui gagnent à être prises avec un accompagnement personnalisé.

Les promoteurs ou commerciaux qui ne distribuent que leurs propres programmes ne présentent pas l'ensemble des solutions du marché.

Cette page fait partie de la thématique plus large de l'immobilier, qui présente l'ensemble des stratégies patrimoniales liées à la pierre.

Questions fréquentes sur la défiscalisation immobilière.

Le Pinel est-il encore accessible en 2026 ?

Non, le dispositif Pinel a pris fin le 31 décembre 2024. Aucune nouvelle souscription n'est possible depuis cette date. Les investisseurs ayant souscrit avant le 31 décembre 2024 continuent à bénéficier de leur réduction d'impôt jusqu'au terme de leur engagement, six, neuf ou douze ans.

Pour les investisseurs cherchant un équivalent dans l'ancien, les alternatives sont aujourd'hui limitées : le Denormandie, réservé à l'ancien, et le déficit foncier, sur des travaux dans l'ancien loué nu, sont les dispositifs les plus proches.

Pour le neuf, le statut du bailleur privé issu de la loi de finances pour 2026 repose sur un amortissement et non sur une réduction d'impôt, pour des acquisitions réalisées entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028.

Quel dispositif choisir selon son niveau d'imposition ?

Le choix dépend principalement de la TMI et du montant d'impôt à réduire.

  • À TMI 11 %, le LMNP au régime réel est souvent plus pertinent qu'un dispositif de réduction d'impôt, puisqu'il y a peu d'IR à réduire dans l'absolu.
  • À TMI 30 %, le déficit foncier et le Denormandie sont adaptés : ils réduisent directement l'assiette imposable ou l'impôt dû.
  • À TMI 41-45 % avec un IR supérieur à 30 000 €, le Malraux est un dispositif à étudier, grâce à sa réduction hors plafonnement des niches.

La nue-propriété convient quelle que soit la TMI si l'objectif est d'accumuler du capital sans fiscalité pendant dix à quinze ans. Un conseiller en gestion de patrimoine reste indispensable pour croiser l'objectif patrimonial et le niveau de fiscalité réel.

Le déficit foncier peut-il dépasser 10 700 euros par an ?

Le plafond de droit commun est de 10 700 € d'imputation sur le revenu global par an. Il existe toutefois deux points à connaître.

  • Premièrement, les travaux d'économie d'énergie réalisés dans le cadre du déficit foncier dit vert, rénovation énergétique de logements classés E, F ou G passant en classe A à D, portent ce plafond à 21 400 € selon les conditions et les dates d'engagement des dépenses.
  • Deuxièmement, si le déficit dépasse le plafond applicable, le surplus n'est pas perdu : il est reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

Le déficit imputable sur le revenu global reste néanmoins soumis à la condition de location du bien pendant trois ans après l'imputation.

Peut-on cumuler plusieurs dispositifs de défiscalisation immobilière ?

Oui, dans certaines limites. Il est possible de cumuler un investissement en meublé, présenté dans la page LMNP défiscalisation, avec un déficit foncier sur un bien loué nu, car ces deux dispositifs relèvent de catégories fiscales distinctes, BIC contre revenus fonciers.

En revanche, il n'est pas possible de cumuler Malraux et déficit foncier sur un même bien. Le plafonnement global des niches fiscales à 10 000 € par an s'applique à la plupart des réductions d'impôt, notamment le Denormandie, mais Malraux en est exempté.

La nue-propriété ne génère pas de réduction d'impôt directe, mais elle ne consomme pas non plus ce plafond des niches. Un conseiller aide à construire une stratégie multi-dispositifs cohérente selon le patrimoine global.

Faut-il passer par un expert pour défiscaliser dans l'immobilier ?

C'est fortement recommandé, en particulier pour les dispositifs complexes comme le Malraux ou les montages en nue-propriété.

Le conseiller apporte trois valeurs :

  • La sélection du dispositif adapté à la situation fiscale réelle, montant d'IR, TMI, revenus fonciers existants
  • L'analyse de la qualité du bien et du programme immobilier, un mauvais bien dans un bon dispositif restant un mauvais investissement
  • L'intégration du projet dans le patrimoine global, pour éviter une sur-concentration en immobilier et vérifier la cohérence avec les objectifs de liquidité et de transmission.

Les promoteurs ou commerciaux qui ne vendent que leurs propres programmes n'ont pas cette vision d'ensemble. Un bilan patrimonial sans engagement permet d'évaluer la situation avant toute décision.

Une approche patrimoniale globale.

Un conseiller de nos cabinets partenaires peut vous aider à construire votre stratégie de défiscalisation immobilière.

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