Assurance-vie luxembourgeoise : avantages, fonctionnement et à qui s’adresse-t-elle ?

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Par Philippe Moussaud

Comment bien choisir son contrat d'assurance-vie ?

Bureaux luxembourgeois

L’essentiel à retenir:

  • Le contrat d’assurance-vie de droit luxembourgeois, équivalent du contrat français mais avec une protection juridique renforcée.
  • Sécurité unique : le triangle de sécurité + le super privilège protègent les actifs de l’assuré sans plafond (vs 70 000 € en France via le FGAP).
  • Ticket d’entrée : à partir de 125 000 € pour les contrats standards, 250 000 € pour accéder aux fonds dédiés.
  • Profils cibles : expatriés, grandes fortunes, chefs d’entreprise, patrimoines supérieurs à 500 000 €.
  • Limites : fonds euros généralement moins performant qu’en France, frais d’entrée et de gestion plus élevés.

L’assurance-vie luxembourgeoise est un contrat de capitalisation haut de gamme souscrit auprès d’une compagnie d’assurance basée au Luxembourg. Elle se distingue de l’assurance-vie française par trois atouts majeurs : le triangle de sécurité qui sépare juridiquement les actifs de l’assureur, le super privilège qui fait de l’assuré un créancier de premier rang en cas de faillite, et la neutralité fiscale adaptée aux expatriés. Réservée aux patrimoines à partir de 125 000 € (et idéalement 250 000 €), elle constitue un outil patrimonial premium pour les investisseurs avertis et les profils internationaux.

Cette vidéo aborde les 5 idées reçues principales sur l’assurance-vie luxembourgeoise. Les seuils d’entrée évoqués peuvent varier selon les compagnies, voir la section Ticket d’entrée pour le détail des catégories de souscripteurs actualisé en 2026.

Définition de l’assurance-vie au Luxembourg

L’assurance-vie luxembourgeoise est un contrat de capitalisation conclu avec une compagnie d’assurance située au Grand-Duché du Luxembourg. Sur le plan technique, elle fonctionne comme une assurance-vie française : l’assureur s’engage, en contrepartie des primes versées par le souscripteur, à verser un capital ou une rente au bénéficiaire désigné en cas de décès de l’assuré, ou au souscripteur lui-même en cas de vie.

Le Luxembourg est aujourd’hui le premier centre mondial d’assurance-vie transfrontalière, avec un encours supérieur à 250 milliards d’euros et plus d’un million d’assurés européens. Les Français représentent historiquement la première clientèle de ce marché, séduits par les spécificités du droit luxembourgeois en matière de protection des actifs et de neutralité fiscale.

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Qu’est-ce qu’un contrat d’assurance-vie luxembourgeois ?

Un contrat d’assurance-vie luxembourgeois repose sur le mécanisme classique de capitalisation : les primes versées sont investies sur des supports financiers (fonds en euros et/ou unités de compte), et leur valorisation constitue l’épargne accumulée. Le contrat peut être à durée déterminée ou viagère.

La spécificité tient au cadre réglementaire : la compagnie d’assurance est agréée et supervisée par le Commissariat aux Assurances (CAA), autorité de tutelle luxembourgeoise. Le CAA impose des règles strictes en matière de dépôt des actifs, de solvabilité et de protection des assurés, qui constituent le socle de la sécurité du contrat luxembourgeois.

Les compagnies d’assurance luxembourgeoises commercialisent leurs contrats en France via le mécanisme de libre prestation de services (LPS) prévu par le droit européen. Un résident fiscal français peut donc souscrire directement un contrat luxembourgeois, en bénéficiant des règles fiscales françaises sur les rachats et la transmission.

Assurance-vie luxembourgeoise vs assurance-vie française : les différences clés

Au-delà du cadre juridique, plusieurs différences structurelles distinguent les deux contrats.

CritèreAssurance-vie françaiseAssurance-vie luxembourgeoise
Protection des avoirsGarantie FGAP plafonnée à 70 000 € par assuré et par compagnieTriangle de sécurité + super privilège, sans plafond légal
Univers d’investissementFonds euros + UC standardiséesFonds euros + UC + FIC, FID, FAS, titres vifs, private equity
DevisesEuro uniquementEuro, USD, GBP, CHF et autres devises
Ticket d’entréeQuelques dizaines d’euros à plusieurs centaines selon le contratÀ partir de 125 000 € (250 000 € pour fonds dédiés)
GestionLibre, conseillée, sous mandatLibre, conseillée, personnalisée, déléguée sur mesure
Fiscalité résident françaisPFU 12,8 % + PS 17,2 % ; abattement après 8 ansIdentique : PFU 12,8 % + PS 17,2 % ; abattement après 8 ans
Neutralité fiscaleNon, fiscalité française appliquéeOui, fiscalité du pays de résidence applicable

💡La note de l’expert :

À fiscalité égale pour un résident français, c’est sur la protection des actifs et l’univers d’investissement que se joue le vrai différentiel. Pour des montants importants, ces deux dimensions pèsent plus lourd que le traitement fiscal des rachats.

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Pourquoi le Luxembourg est idéal pour investir ?

La supériorité du contrat luxembourgeois en matière de sécurité repose sur deux piliers juridiques uniques en Europe : le triangle de sécurité et le super privilège. Ces deux mécanismes, combinés à la solidité du cadre réglementaire fixé par le Commissariat aux Assurances, font du Luxembourg une juridiction de référence pour les patrimoines importants.

📌 À retenir :

  • Triangle de sécurité : séparation juridique des actifs entre assureur, banque dépositaire et CAA.
  • Super privilège : l’assuré est créancier de premier rang, avant l’État, en cas de faillite.
  • Aucun plafond légal de garantie : vs 70 000 € en France (FGAP).

Le triangle de sécurité : une protection unique des actifs

Le triangle de sécurité est un dispositif imposé par la loi luxembourgeoise qui repose sur la coopération de trois acteurs distincts et indépendants :

  • La compagnie d’assurance qui émet le contrat et gère la relation avec le souscripteur.
  • La banque dépositaire agréée qui conserve physiquement les actifs des assurés sur des comptes séparés du patrimoine propre de l’assureur.
  • Le Commissariat aux Assurances (CAA) qui contrôle en permanence l’adéquation entre les engagements de la compagnie et les actifs déposés.

Conséquence pratique : les actifs détenus dans le contrat sont juridiquement isolés du bilan de la compagnie d’assurance. En cas de défaillance de l’assureur, les actifs des assurés ne peuvent pas être saisis par les créanciers de la compagnie.

Comparaison avec la France : le Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP) plafonne l’indemnisation à 70 000 € par assuré et par compagnie. Au-delà, le risque de perte existe en cas de faillite. Le dispositif luxembourgeois n’impose pas de plafond, ce qui est déterminant pour les patrimoines significatifs.

Triangle de sécurité de l’assurance-vie luxembourgeoise
Triangle de sécurité de l’assurance-vie luxembourgeoise Schéma des trois acteurs du triangle de sécurité luxembourgeois : compagnie d’assurance, banque dépositaire agréée et Commissariat aux Assurances, avec les flux de protection des actifs de l’assuré. Le triangle de sécurité luxembourgeois Compagnie d’assurance Émet le contrat, gère la relation Banque dépositaire agréée Conserve les actifs séparément Commissariat aux Assurances Régulateur indépendant — CAA Dépose les actifs Rend compte Contrôle Actifs de l’assuré Juridiquement isolés et protégés Aucun plafond légal de garantie · supérieur au FGAP français (70 000 €)

Le super privilège : créancier de premier rang en cas de faillite

Le super privilège est une disposition propre au droit luxembourgeois qui confère à l’assuré le statut de créancier de premier rang sur les actifs représentatifs de son contrat, en cas de défaillance de la compagnie d’assurance.

Concrètement, en cas de faillite de l’assureur, l’assuré est servi en priorité, avant l’État luxembourgeois lui-même, avant les administrations fiscales, avant les salariés de la compagnie et avant tous les autres créanciers. Cette disposition n’a aucun équivalent en droit français.

Le super privilège constitue, avec le triangle de sécurité, le principal argument patrimonial du contrat luxembourgeois pour les grandes fortunes. Au-delà d’un certain niveau d’épargne, le risque marginal d’une défaillance d’assureur, même faible, devient un sujet sérieux. Le cadre luxembourgeois apporte une réponse robuste à ce risque.

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Quel est son fonctionnement par rapport à une assurance-vie française ?

Sur le plan opérationnel, le contrat luxembourgeois fonctionne comme un contrat français : versements (initial, libres ou programmés), arbitrages entre supports, rachats partiels ou totaux, clause bénéficiaire. Mais trois leviers le rendent structurellement différent : la neutralité fiscale, la possibilité de multidevise, et la richesse des modes de gestion.

La neutralité fiscale : un atout pour les expatriés et non-résidents

La neutralité fiscale luxembourgeoise signifie que le Luxembourg n’applique aucune retenue à la source sur les contrats détenus par des non-résidents. C’est la fiscalité du pays de résidence de l’assuré qui s’applique sur les rachats, les arbitrages et la transmission.

Ce principe est précieux pour les profils internationaux. Voici trois cas concrets :

  • Résident français : fiscalité française appliquée (PFU 12,8 % + PS 17,2 % sur les intérêts ; abattement de 4 600 € pour un célibataire / 9 200 € pour un couple après 8 ans).
  • Résident belge : fiscalité belge appliquée (la Belgique impose une taxe de 2 % sur les primes versées mais pas de taxation des plus-values à la sortie pour les contrats dits « branche 23 » détenus plus de 8 ans).
  • Résident suisse : fiscalité suisse appliquée selon le canton de résidence. Le contrat conserve toute sa souplesse en cas de mobilité géographique.

💡La note de l’expert :

En cas de changement de résidence fiscale (expatriation ou rapatriement), le contrat n’est pas dénoué et n’entraîne pas de fait générateur d’imposition. La portabilité fiscale est l’un des grands avantages du contrat luxembourgeois pour les profils mobiles, et l’un des arguments les plus structurants pour un projet d’expatriation.

Multi-devises : euro, dollar, livre sterling, franc suisse

Les contrats luxembourgeois peuvent être libellés dans plusieurs devises : euro, dollar américain, livre sterling, franc suisse, et plus rarement yen ou dollar canadien selon les compagnies. Cette option est rare voire absente sur les contrats français standards.

L’intérêt est double :

  • Pour les expatriés ou bi-nationaux dont les revenus sont libellés en devises étrangères : aligner la devise du contrat sur celle des revenus évite les frais et risques de change récurrents.
  • Pour les investisseurs à patrimoine international qui souhaitent diversifier leur exposition monétaire : le contrat luxembourgeois permet une allocation devise par devise au sein d’une même enveloppe.

Les modes de gestion disponibles

Le contrat luxembourgeois offre quatre modes de gestion, à choisir selon le profil et le niveau d’implication souhaité du souscripteur :

  • Gestion libre : le souscripteur choisit lui-même les supports et arbitre selon ses convictions. Adapté aux investisseurs expérimentés.
  • Gestion conseillée : des recommandations d’arbitrage sont formulées par un conseiller, mais les décisions finales restent à la main du souscripteur.
  • Gestion personnalisée (ou sous mandat) : la gestion est déléguée à une société de gestion sur la base d’un mandat type (profil prudent, équilibré, dynamique…).
  • Gestion déléguée sur mesure : via les fonds dédiés (FID, FAS), un mandat de gestion 100 % personnalisé est mis en place avec une société de gestion. C’est le mode de gestion premium des contrats luxembourgeois haut de gamme.

C’est sur la gestion déléguée sur mesure que se joue le vrai différentiel des contrats luxembourgeois : la possibilité de construire un mandat ad hoc avec accès à des classes d’actifs habituellement inaccessibles dans l’enveloppe assurance-vie française (titres vifs, private equity, immobilier non coté, etc.).

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Quels investisseurs peuvent souscrire à ce contrat ?

Tout investisseur résident d’un État membre de l’Union européenne peut techniquement souscrire à un contrat d’assurance-vie luxembourgeois. Mais en pratique, ce produit ne s’adresse pas à tous les profils : il est conçu pour les patrimoines significatifs, les profils internationaux et les investisseurs avertis.

Trois profils types se dégagent :

  • Les expatriés et profils à forte mobilité internationale , qui valorisent la neutralité fiscale et la portabilité du contrat lors des changements de résidence.
  • Les grandes fortunes (> 500 000 € d’épargne financière) , qui recherchent une protection juridique renforcée et un univers d’investissement élargi.
  • Les chefs d’entreprise et entrepreneurs , qui souhaitent loger des participations non cotées ou des titres vifs au sein d’une enveloppe fiscalement optimisée.

Le ticket d’entrée : à partir de 125 000 euros

Les contrats d’assurance-vie luxembourgeois sont conçus pour des patrimoines élevés. Le ticket d’entrée varie selon les compagnies, mais une hiérarchie standardisée existe à travers les catégories de souscripteurs définies par le CAA. Cette classification conditionne l’accès aux différents types de supports, en particulier aux fonds dédiés.

CatégorieInvestissement minimum chez la compagnieFortune mobilière nette déclaréeSupports accessibles
NCatégorie par défautFonds euros, UC standards
A125 000 €> 250 000 €+ Fonds internes collectifs (FIC)
B250 000 €> 500 000 €+ Fonds internes dédiés (FID), supports cotés
C250 000 €> 1 250 000 €+ FID élargis (titres vifs, private equity)
D1 000 000 €> 2 500 000 €+ Fonds d’assurance spécialisés (FAS), tous actifs

En clair : plus le patrimoine déclaré et le montant investi sont élevés, plus l’univers d’investissement s’élargit. Les souscripteurs de catégorie C et D peuvent accéder à des classes d’actifs habituellement inaccessibles dans une enveloppe assurance-vie classique (private equity, titres non cotés, immobilier d’investissement, etc.).

Est-ce adapté aux expatriés et non-résidents français ?

L’assurance-vie luxembourgeoise est probablement l’enveloppe d’épargne la plus adaptée aux profils internationaux. Trois cas concrets illustrent sa pertinence :

  • Cadre dirigeant partant à Singapour : il peut conserver son contrat luxembourgeois sans dénouement, libeller une partie en USD ou SGD, et basculer automatiquement vers la fiscalité de son nouveau pays de résidence.
  • Entrepreneur expatrié aux Émirats : il bénéficie de la neutralité fiscale luxembourgeoise et peut éventuellement profiter de l’absence d’impôt sur le revenu local pendant la période d’expatriation.
  • Famille en mobilité européenne : le contrat suit la famille de pays en pays sans avoir à être clôturé puis recréé. La continuité fiscale et l’antériorité du contrat sont préservées.

C’est l’argument commercial central du produit : à condition d’être structuré dès l’origine pour anticiper la mobilité, le contrat luxembourgeois est un outil de gestion patrimoniale internationale durable.

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Quels sont les supports accessibles ?

L’univers d’investissement du contrat luxembourgeois est sensiblement plus riche que celui du contrat français. Deux grandes familles de supports coexistent : les fonds généraux en euros (à capital garanti) et les unités de compte (sans garantie en capital, mais avec un potentiel de performance plus élevé).

Les fonds généraux en euros et en devises

Le fonds général luxembourgeois fonctionne sur le même principe que le fonds en euros français : capital garanti par l’assureur, rendement annuel servi par la compagnie en fonction de la performance de son actif général. Au Luxembourg, certaines compagnies proposent également des fonds généraux libellés en dollar américain.

⚠️ Attention : Performance du fonds euros

Le fonds général luxembourgeois est généralement moins performant que les meilleurs fonds euros français. Les compagnies luxembourgeoises gèrent une clientèle moins captive et leur actif général est souvent plus prudent. Pour un investisseur cherchant à maximiser le rendement de la poche sécurisée, le contrat français peut conserver un avantage sur ce point précis.

💡La note de l’expert :

Le fonds euros n’est pas l’argument principal du contrat luxembourgeois. La valeur se trouve sur les unités de compte et les fonds dédiés.

Les fonds dédiés (FID) : la gestion sur mesure

Les Fonds Internes Dédiés (FID) sont la spécificité différenciante des contrats luxembourgeois. Il s’agit de fonds créés sur mesure pour un seul souscripteur, gérés par une société de gestion sélectionnée selon les objectifs patrimoniaux de l’assuré.

Le FID permet :

  • une allocation 100 % personnalisée, validée et ajustable au fil de l’eau.
  • l’intégration de classes d’actifs habituellement inaccessibles : titres vifs cotés, private equity, immobilier d’investissement (via SCPI ou parts de SCI), produits structurés sur mesure.
  • le logement de titres non cotés et notamment de parts de société pour les chefs d’entreprise (catégorie C et D).

Accès : à partir de la catégorie B (250 000 € investis + 500 000 € de fortune mobilière déclarée) pour les FID « classiques » avec actifs cotés. Pour les FID élargis intégrant des actifs non cotés et du private equity, l’accès est réservé à la catégorie C (250 000 € investis + 1 250 000 € de fortune mobilière).

À côté des FID existent les FAS (Fonds d’Assurance Spécialisés), réservés à la catégorie D, qui offrent encore plus de flexibilité, notamment sur les actifs structurés et les véhicules de gestion alternative.

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Les avantages et inconvénients de l’assurance-vie luxembourgeoise

Avant de souscrire, il est essentiel de mettre en perspective les forces et les limites du contrat luxembourgeois. Notre conviction : ce produit n’est pas universel, il est réellement pertinent à partir de 250 000 € d’épargne financière, avec un horizon d’investissement minimum de 8 ans et un profil patrimonial international ou très haut de gamme. En dessous de ces seuils, un bon contrat français reste compétitif.

Les avantages clés : sécurité, diversité et neutralité fiscale

1. Sécurité juridique supérieure. Le triangle de sécurité et le super privilège forment un dispositif unique en Europe, sans plafond légal d’indemnisation. C’est l’argument central pour les patrimoines significatifs.

2. Richesse des supports financiers. Au-delà des UC classiques, l’accès aux FID, FAS, titres vifs et actifs non cotés ouvre un univers d’investissement comparable à celui d’un compte-titres premium, dans une enveloppe fiscalement optimisée.

3. Neutralité fiscale et multidevise. Le contrat suit l’assuré quel que soit son pays de résidence, sans dénouement ni frottement fiscal au changement de domiciliation. La possibilité de libeller le contrat en USD, GBP ou CHF complète cette flexibilité internationale.

4. Outil de transmission privilégié. Comme son équivalent française, l’assurance-vie luxembourgeoise bénéficie du régime fiscal favorable de la transmission par clause bénéficiaire : abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, hors droits de succession pour la part relevant de cet abattement (article L132-12 du Code des assurances).

Les limites à connaître avant de souscrire

1. Ticket d’entrée élevé. Les bons contrats démarrent à 125 000 € et la vraie valeur (fonds dédiés) commence à 250 000 €. En dessous, le contrat français reste pertinent.

2. Fonds euros moins compétitif. Comme évoqué plus haut, le fonds général luxembourgeois sert généralement un rendement inférieur aux meilleurs fonds euros français. Ce point doit être anticipé dans l’allocation.

3. Frais souvent plus élevés. Frais d’entrée, frais de gestion du contrat, frais de gestion des fonds sous-jacents, frais de la banque dépositaire : la structure de coût est généralement plus lourde que sur un bon contrat français en ligne. À mettre en regard de la qualité du conseil et de la gestion sur mesure.

4. Complexité de gestion. La richesse de l’univers d’investissement implique un accompagnement professionnel. Un contrat luxembourgeois mal structuré ou mal arbitré perd l’essentiel de son intérêt. L’accompagnement par un Conseiller en Gestion de Patrimoine est fortement recommandé.

✓ Avantages⚠ Inconvénients
Triangle de sécurité (protection juridique des actifs)Ticket d’entrée élevé (à partir de 125 000 €, idéal > 250 000 €)
Super privilège (créancier de premier rang)Fonds euros généralement moins performant qu’en France
Univers d’investissement étendu (UC, FID, FAS, titres vifs)Frais d’entrée et de gestion souvent plus élevés
Neutralité fiscale (suivi de la résidence)Complexité de gestion (nécessite un accompagnement)
Multidevise (€, $, £, CHF)
Possibilité de loger des parts de société non cotée
Outil de transmission (régime fiscal avantageux)

💡La note de l’expert :

Pour les personnes à forte mobilité internationale, l’assurance-vie au Luxembourg est un outil quasi-indispensable : neutralité fiscale, multidevise, portabilité du contrat. Mais même pour un investisseur français résidant en France, le contrat luxembourgeois présente des atouts uniques pour les profils avertis.

La richesse des supports financiers et la finesse des modes de gestion permettent une construction patrimoniale sur mesure : nous sommes ici sur de la « haute couture » en matière d’assurance-vie. Reste à bien dimensionner le projet, le ticket d’entrée et les frais imposent une cohérence avec les objectifs et l’horizon patrimonial. Un bilan patrimonial. est la première étape pour valider l’intérêt du dispositif dans votre situation.

En complément du bilan patrimonial, notre simulateur PER vs assurance-vie permet d’arbitrer rapidement entre ces deux enveloppes selon votre profil.

Questions fréquentes

Quelle est la fiscalité d'une assurance-vie luxembourgeoise pour un résident français ?

Pour un résident fiscal français, la fiscalité du contrat luxembourgeois est strictement identique à celle d’un contrat français. Le Luxembourg n’applique aucune retenue à la source : c’est la fiscalité française qui s’applique sur les rachats (BOI-RPPM-RCM-20-10).

Concrètement, sur les intérêts capitalisés (et non sur le capital investi) :
– Avant 8 ans : PFU à 12,8 % (ou option pour le barème progressif de l’IR) + prélèvements sociaux à 17,2 %, soit 30 % au total.
– Après 8 ans : abattement annuel de 4 600 € pour un célibataire / 9 200 € pour un couple. Au-delà, taux réduit de 7,5 % (pour les primes inférieures à 150 000 €) ou 12,8 % au-delà, plus les prélèvements sociaux à 17,2 %.

La fiscalité de transmission est également identique : abattement de 152 500 € par bénéficiaire sur les primes versées avant 70 ans (article 990 I du CGI / L132-12 du Code des assurances), au-delà taxation à 20 % puis 31,25 %. Le régime général de l’assurance-vie s’applique pleinement.

Peut-on ouvrir une assurance-vie luxembourgeoise depuis la France ?

Oui. Les compagnies d’assurance luxembourgeoises opèrent dans l’ensemble de l’Union européenne via le mécanisme de libre prestation de services (LPS) prévu par les directives européennes et supervisé par le Commissariat aux Assurances. Un résident fiscal français peut donc souscrire un contrat luxembourgeois sans déplacement et sans démarche administrative supplémentaire.

En pratique, la souscription se fait via un intermédiaire, courtier ou Conseiller en Gestion de Patrimoine, qui sélectionne la compagnie, le contrat et la structure de gestion adaptés au profil et aux objectifs patrimoniaux. Compte tenu de la diversité de l’offre luxembourgeoise et du ticket d’entrée, l’accompagnement professionnel est fortement recommandé.

Quelle différence entre assurance-vie luxembourgeoise et contrat de capitalisation ?

Les deux produits partagent le même mécanisme de capitalisation et les mêmes supports d’investissement. Trois différences majeures les distinguent :
– Clause bénéficiaire : l’assurance-vie comporte une clause bénéficiaire qui permet de désigner les héritiers en cas de décès, avec un cadre fiscal favorable. Le contrat de capitalisation n’a pas de clause bénéficiaire.
– Régime successoral : l’assurance-vie est hors succession civile (sauf primes manifestement exagérées). Le contrat de capitalisation entre dans la succession et est soumis aux droits de succession.
– Transmissibilité par donation : le contrat de capitalisation peut être donné de son vivant en conservant son antériorité fiscale. L’assurance-vie ne se donne pas (elle se dénoue en cas de décès).

Les deux outils sont complémentaires : l’assurance-vie est conçue pour la transmission au décès, le contrat de capitalisation pour la transmission anticipée.

L'assurance-vie luxembourgeoise est-elle soumise à l'IFI ?

Comme pour son équivalent français, seule la quote-part du contrat investie en actifs immobiliers est soumise à l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI). La part investie en actifs financiers (actions, obligations, monétaire) est exonérée.

Concrètement, si un contrat luxembourgeois contient des unités de compte immobilières (SCPI, OPCI, SCI) ou si un Fonds Interne Dédié intègre de l’immobilier d’investissement, c’est la valeur de ces seuls actifs immobiliers qui doit être déclarée à l’IFI. L’assureur fournit chaque année une attestation détaillant la quote-part immobilière du contrat. Pour optimiser cette quote-part, des stratégies comme l’investissement en nue-propriété peuvent être envisagées en parallèle.

Peut-on loger des parts de société non cotée dans une assurance-vie luxembourgeoise ?

Oui. C’est l’un des avantages les plus distinctifs du contrat luxembourgeois. Via un Fonds Interne Dédié (FID) ou un Fonds d’Assurance Spécialisé (FAS), il est possible d’apporter au contrat des titres non cotés, parts de société, actions de société par actions simplifiée (SAS), parts de SARL, sous certaines conditions de valorisation et de liquidité.

Pour les chefs d’entreprise, ce mécanisme permet de loger une participation dans son entreprise au sein d’une enveloppe assurance-vie, en bénéficiant de l’antériorité fiscale du contrat et du régime de transmission favorable. C’est un outil patrimonial puissant, à structurer avec un conseil spécialisé.

Accès : réservé aux catégories C et D (à partir de 250 000 € investis + 1 250 000 € de fortune mobilière déclarée).

Philippe Moussaud

Philippe MOUSSAUD est associé au groupe depuis mars 2012, et également co-gérant. Il poursuit des études de droit à Paris avant de se spécialiser en Gestion de Patrimoine pour obtenir un Master 2 à l’Université d’Orléans. Après une expérience réussie à l’Union Notariale Financière de 2009 à 2010, il rejoint DIRECFI en 2010. Rigoureux et réactif sont autant d’adjectifs qui définissent Philippe au quotidien comme dans la durée.